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La dépression post-accident vasculaire cérébral au Burkina Faso


Christian Napon
Arnaud Kaboré
Jean Kaboré

Abstract

Introduction: Lourde de conséquences sur la récupération motrice du patient, la dépression post-accident vasculaire cérébral (DPAVC) est souvent méconnue et sous-diagnostiquée. Notre objectif était d'en étudier les aspects épidémiologiques, cliniques, thérapeutiques en milieu hospitalier au Burkina Faso. Méthodes: Il s'agissait d'une étude transversale de 21 mois. Elle a concerné tous les cas d'AVC hospitalisés durant la période d'étude dont le délai de survenue de l'ictus était supérieur ou égal à 2 semaines. Une fois le diagnostic de DPAVC posé par les critères du DSM IV, sa sévérité était évaluée par l'échelle MADRS (Montgomery and Asberg Depression Rating Scale). Les patients DPAVC étaient revus 2 mois pour réévaluer leur dépression. Résultats: Sur 167 hospitalisations pour AVC, 65 patients avaient une DPAVC (38,9%). L'âge moyen était de 56,9 ans avec des extrêmes de 29 et 84 ans. Le sex ratio était de 0,9. Les AVC ischémiques étaient majoritaires (53,8%). Quarante-trois patients (66,15%) présentaient une DPAVC mineure et 22 patients (33,85%), une DPAVC majeure. La DPAVC a été précoce dans 73,8% des cas (délai inférieur ou égal à 30 jours). Un traitement antidépresseur a concerné 28 patients (43,1%). L'évolution à deux mois chez 31 patients était favorable dans 29 % des cas. Conclusion: La DPAVC est fréquente dans notre contexte. Elle compromet le pronostic fonctionnel et augmente le risque de morbidité et de mortalité Elle devrait être recherchée systématiquement chez tout hémiplégique, en particulier à la phase précoce, lors des entretiens réguliers avec la famille, et devant toute modification du psychisme du patient.

Pan African Medical Journal 2012; 13:3

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eISSN: 1937-8688