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Détention provisoire des jeunes femmes accusées d’avortement clandestin ou d’infanticide au Sénégal

Mohamed Maniboliot Soumah, Liliane Flore Pemba

Abstract


Introduction: L’activité sexuelle chez les jeunes les expose à un accroissement du risque de contracter des grossesses non désirées. Le recours à l’avortement clandestin avec son corollaire de complications peut entrainer le décès de la jeune femme. Avortement et infanticide sont interdits et sanctionnés par la loi sénégalaise. Comment ces jeunes femmes vivent-elles leur détention ? Existe-il des alternatives à la détention pour éviter leur désocialisation ? Méthodes: Cette étude rétrospective portait sur la maison d’arrêt des femmes de Dakar située à Liberté 6, un quartier de Dakar. Nous avons procédé à des entretiens avec des femmes détenues à la maison d’arrêt des femmes de Dakar et suspectées d’infanticide ou d’avortement clandestin. Résultats: Les femmes de notre échantillon ont une moyenne d’âge inférieure à 25 ans avec parmi elles une fille mineure de 16 ans. Nous avons trouvé 18,51% de femmes suspectées d’infanticide ou d’avortement. Dans notre étude 50% des femmes sont originaires de la périphérie et de la banlieue de Dakar et presque 44% proviennent des autres régions du pays. La durée moyenne de détention provisoire est de neuf mois. Conclusion: Malgré leur qualification distincte dans le code pénal : l’infanticide est un crime et l’avortement un délit, les femmes suspectées d’avoir commis ces actes sont soumises à de longues détentions préventives.

Pan African Medical Journal 2012; 12:49



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