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Cultural modes of comprehending and healing insanity: the Yaka of DR Congo

René Devisch

Abstract


This paper looks at a particular autochthonous medical knowledge and practice of Yaka healers in peri-urban Kinshasa and rural southwestern Congo. It first presents a sequential analysis of the well-known mbwoolu healing cult, directed at types of affliction most of which I would characterize as deep depression and related insanity. The mbwoolu patient is first led into a state of fusion with the group, with the aid of rhythmic movement and music culminating in a trancepossession. Following this, the initiate undergoes a therapeutic seclusion lasting from one month to some nine months in an initiatory space in which a dozen or so statuettes or figurines are laid on a bed parallel to the patient\'s. In a play of mirrors between the figurines and the patient, the latter\'s sensory perceptions and body movements are redirected and rejuvenated. The figurines thus function as doubles that the patient incorporates or inscribes in his or her own bodily envelope, which now constitutes a new interface with others. In the course of a verbal liturgy that unfolds to the rhythm of the initiatory rite, the initiate is gradually enabled to decode and incorporate traces of the collective imaginary conveyed by these figurines and liturgy. The statuettes enact a cosmogony in which the patient is intimately involved throughout. In this, the patient is led into an ontogenetic passage from a fusional and primal state towards a particular and sexualised identity, one with precise contours and situated within a social hierarchy and a historicity of generations and of roles.

Résumé


Cette communication porte sur certaines connaissances et pratiques médicales autochtones des guérisseurs yaka dans la zone péri-urbaine de Kinshasa et dans le sud-ouest rural du Congo. Elle présente tout d'abord une analyse séquentielle du célèbre culte thérapeutique mbwoolu pratiqué pour des affections telles que les profondes dépressions et la folie. Le patient mbwoolu est amené à un état de fusion avec le groupe, grâce à des mouvements rythmiques et de la musique conduisant à un état de transes. Ensuite, l'initié fait l'objet d'un isolement thérapeutique de un à neuf mois, dans un espace initiatique dans lequel une dizaine de statuettes ou figurines environ sont placées sur un lit parallèle à celui du patient. À travers un jeu de miroirs entre les figurines et le patient, les perceptions sensorielles et les mouvements corporels de ce dernier sont reconstitués et rétablis. Les figurines font ainsi office de double, que le patient intègre à sa propre enveloppe corporelle, qui constitue à ce moment-là une nouvelle interface entre lui et les autres. Au cours d'une liturgie verbale ayant lieu au rythme du rite initiatique, l'initié devient peu à peu capable de décoder et d'intégrer les fragments d'imaginaire collectif contenus dans ces figurines et cette liturgie. Les statuettes mettent en scène une cosmogonie dans laquelle le patient est intimement impliqué. À travers ce processus, le patient se retrouve dans une phase ontogénétique, en étant transporté d\'un état fusionnel et primal, vers une identité spécifique et sexualisée, aux contours précis, tenant compte de la hiérarchie sociale et de l'historicité des générations et des rôles.

Africa Development Vol. XXX(3) 2005: 93–111



http://dx.doi.org/10.4314/ad.v30i3.22232
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