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The Silences in the NGO Discourse: The role and future of NGOs in Africa


Issa G Shivji

Abstract

This paper is an attempt to examine critically the role and future of the NGO in Africa in the light of its self-perception as a non-governmental, non-political, non-partisan, non-ideological, non-academic, non-theoretical, not-for-profit  association of well-intentioned individuals dedicated to changing the world to make it a better place for the poor, the marginalised and the downcast. It is the argument of the paper that the role of NGOs in Africa cannot be understood without a clear characterisation of the current historical moment. On a canvas of broad strokes, I depict Africa at the cross-roads of the defeat of the National Project and the rehabilitation of the imperial project. In the face of the avalanche of ‘end of history’ diatribes, I find it necessary, albeit briefly, to reiterate the history of Africa’s enslavement from the first contacts with the Europeans five centuries ago through the slave trade to colonialism and now globalisation. The aim of this historical detour is to demonstrate the fundamental antithesis between the National and the Imperial Projects so as to identify correctly the place and role of the NGOs in it. I locate the rise, the prominence and the privileging of the NGO sector in the womb of the  neo-liberal offensive whose aim is as much ideological as economic and  political. I argue that the NGO discourse, or more correctly the non-discourse, is predicated on the philosophical and political premises of neo-liberalism  globalisation  paradigm. It is in this context that I go on to discuss the ‘five silences’ or blind-spots in the NGO discourse. I draw out the implications of these silences on the contemporary and future role of the NGO sector in Africa. At the outset, I must make two confessions. First, the paper is undoubtedly critical, sometimes ruthlessly so, but not cynical. Secondly, the criticism is also a self-criticism since the author has been involved in NGO activism for the last fifteen years or so. And, finally, I must make it clear that I do not doubt the noble motivations and the good intentions of NGO leaders and activists. But one does not judge the outcome of a process by the intentions of its authors; one analyses the objective effect of actions regardless of intentions. Hopefully, that is what I have done.

Cet article tente de faire un examen critique du rôle et de l’avenir des ong en Afrique, qui se veulent être des associations non gouvernementales, non  politiques, non partisanes, non idéologiques, non académiques, non théoriques et à but non lucratif, composées d’individus bien intentionnés, ayant pour ambition de changer le monde afin, de le rendre meilleur pour les pauvres, les marginalisés et les groupes opprimés. Cet article affirme que le rôle des ong en Afrique ne peut être compris sans une caractérisation bien claire du moment historique actuel. Je dépeins l’Afrique comme étant au carrefour de la défaite duProjet National et de la réhabilitation du projet impérialiste. Face à l’avalanche de diatribes «  catastrophistes », je considère qu’il est nécessaire de rappeler l’histoire de l’asservissement de l’Afrique, de ses premiers contacts avec les Européens il y a cinq siècles à l’actuelle mondialisation, en passant par l’esclavage et le   colonialisme. L’objectif d’une telle digression historique est de démontrer  l’antinomie fondamentale entre les Projets Nationaux et Impérialistes, afin de bien identifier la place et le rôle des ong au sein de ceux-ci. Je situerais le  développement, l’importance et la place privilégiée des ong dans les entrailles  mêmes de l’offensive néolibérale dont la finalité est aussi bien idéologique  qu’économique et politique. Je soutiens que le discours des ong, ou plus exactement leur non-discours, est fondé sur les hypothèses philosophiques et politiques du paradigme du néolibéralisme/de la mondialisation. C’est dans ce contexte que je poursuis, en discutant des « cinq silences » ou zones d’ombres décelées dans le discours des ong. Je dégage ensuite les implications de ces silences sur le rôle futur et contemporain des ong en Afrique. Dès le départ, j’aimerais me livrer à deux confessions. Premièrement, cet article est sans nul doute critique, parfois impitoyablement critique, mais jamais cynique. Deuxièmement, cette critique est également une auto-critique, car l’auteur s’est livré à l’activisme des ong au cours des quinze dernières années. Enfin, j’aimerais préciser que je ne doute pas des bonnes intentions et de la noble motivation qui animent les dirigeants et activistes des ong. Mais l’on ne peut juger du résultat d’un processus à travers les intentions de ses auteurs. L’on analyse l’effet objectif
des actions menées, sans tenir compte des intentions. J’espère que c’est ce que j’aurai réussi à réaliser ici.


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eISSN: 0850-3907