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Corruption, croissance et capital humain : quels rapports ?

PR Seka

Abstract


L’objectif de ce papier est d’expliquer l’une des raisons du fort taux d’abandon devenu monnaie courante dans nos universités Africaines. En d’autres termes, comment dans un environnement corrompu, les étudiants perdent tout engouement de poursuivre les études. Il a été démontré théoriquement, que l’attrait du gain facile en est la cause la plus pertinente. En effet, des étudiants talentueux qui au départ voudraient faire de longues études les jugent précipitamment trop longues, quand ils comparent le niveau de vie de ceux qui en ont déjà fait et ceux qui n’en ont pas fait mais riches de par la corruption. La méthodologie pour analyser ce phénomène est de deux ordres : à la fois théorique et empirique. Premièrement, au plan théorique, nous sommes inspirés par l’hypothèse de Grusham qui dit que la mauvaise monnaie chasse la bonne ainsi que par la théorie de la panique bancaire qui est que lorsque des mauvaises banques font faillite, les clients des bonnes banques, une fois informés se précipitent pour exiger leurs avoirs dans l’affolement et sans chercher à comprendre, à tel point que c’est tout le système bancaire qui explose très rapidement. Nous pensons que ce phénomène pourrait être utilisé pour expliquer les abandons massifs des bons étudiants. Nous avons donc utilisé un modèle simplifié de la théorie de la panique bancaire pour montrer que dès que les étudiants talentueux sont informés de ce que les mauvais qui n’ont pas terminé les études s’enrichissent de façon frauduleuse, ils abandonnent les études précipitamment pour les rejoindre dans leurs activités mafieuses. En second lieu, un modèle économétrique est utilisé pour montrer qu’il existe un lien négatif et significatif entre le taux d’inscription aux études universitaires et l’indice de corruption. Les résultats confirment qu’il existe effectivement une relation négative et significative (dans un intervalle de confiance de 5%) entre le taux d’inscription aux études supérieures et le taux de corruption. Un tel mouvement dit de transfuge met en péril grave le système éducatif des pays Africains. Enfin, le papier attire l’attention des pouvoirs publics sur le fait que si rien n’est fait pour rétribuer la connaissance à sa juste valeur, l’école en général, et l’enseignement supérieur en particulier, risque l’extinction, mettant ainsi en péril tout effort de croissance et de développement.



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