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Survivre à travers la narration à la deuxième personne dans Mama Said (2023) de Kristen Gentry Survival through second-person narration in Kristen Gentry’s Mama Said (2023)


Wôkoudo Marcel Massimbo

Abstract

Contrairement à de nombreux auteurs qui utilisent la narration à la première ou à la troisième personne, Kristen Gentry fait un usage intensif de la perspective inhabituelle de la deuxième personne, « tu », dans deux nouvelles de son recueil Mama Said. Cette recherche, l’une des premières critiques de l’œuvre, porte sur l’utilisation ambiguë de la narration à la deuxième personne. Grâce à la narratologie et à la théorie de la résilience raciale, nous suggérons que cette utilisation va au-delà d’un simple choix stylistique et sert d’outil pour (re)construire la résilience de la communauté afro-américaine. Il est démontré d’abord que l’ambiguïté narrative de l’auteur contribue à guérir les états mentaux fragilisés et les relations défaillantes entre JayLynn et sa mère. L’on découvre ensuite que sa narration à la deuxième personne transforme les expériences individuelles en expériences collectives facilitant ainsi la dissipation des traumatismes des Afro-Américains. Enfin, la recherche établit que cette narration est un choix politique visant à mettre en évidence les discriminations raciales, sexuelles et sociales dont sont victimes les Afro-Américains aux USA.


Unlike many authors who employ first or third person narrations, Kristen Gentry makes significant use of the unusual second-person perspective ‘you’ in two short stories from her collection Mama Said. The present research, one of the earliest critiques of the work, addresses its ambiguous use of the second person narration. Through the lenses of narratology and racial resilience theory, I suggest that such a use goes beyond a simple stylistic choice and acts as a tool for (re)building resilience in the African American community. The article first demonstrates that the author’s narrative ambiguity helps cure fragmented mental states and failed relationships between the protagonist and her mother. It then discovers that Gentry’s second person narration transforms individual experiences into collective experiences and thus facilitates the dissipation of African Americans’ traumas. Finally, the research establishes that Gentry’s second person narration is a political choice aiming at highlighting the racial, gender, and class discriminations African Americans are victims of in the USA.


Journal Identifiers


eISSN: 2958-2814