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La barre du Golfe de Guinée et son influence sur l’organisation des activités de traite (XVIIe - XIXe siècles) The bar of the Gulf of Guinea and its influence on the organization of slave trave activities (17th-19th centuries)
Abstract
Cette étude s’interroge sur le phénomène de la barre du Golfe de Guinée et son influence sur l’organisation des activités de traite entre le XVIIᵉ et le XIXᵉ siècle. Elle analyse la barre comme un phénomène du littoral caractérisé par de puissants rouleaux de vagues mêlés à des bancs de sable mouvants qui rendaient dangereux l’accostage des navires européens. Loin d’être un simple obstacle naturel, la barre apparaît comme un élément qui dicte l’organisation des échanges commerciaux dans le Golfe de Guinée. Elle repose essentiellement sur les récits de voyages écrits par les Européens, qu’ils aient visité l’Afrique ou pas, et qui concernent la période de notre étude. Pour y extraire les éléments nécessaires à la rédaction de cette étude, nous avons usé de la méthode classique de l’historien qui consiste à rassembler les documents, à croiser les informations qui sont passées au crible de la critique interne et externe. L’analyse de celles-ci a permis de se rendre compte que cette barre que l’on rencontrait dans les localités d’Assinie, d’Accra et surtout à Ouidah, où elle était la plus dangereuse, rendaient l'accès aux ports difficiles obligeant les navires à mouiller au large, tandis que des piroguiers spécialisés dans le passage de la barre assuraient la liaison entre les bâtiments et la côte, renforçant ainsi le rôle des acteurs locaux qui intervenaient dans l’organisation des transactions commerciales. Cette étude permet également de mettre en évidence que la barre du golfe de Guinée ne fut pas seulement un élément naturel contraignant, mais un élément déterminant dans la structuration des circuits des circuits négriers, la hiérarchisation des ports et dans l’organisation du travail maritime africain.
This study examines the phenomenon of the Gulf of Guinea bar and its influence on the organisation of trade between the 17th and 19th centuries. It analyses the bar as a coastal phenomenon characterised by powerful waves mixed with shifting sandbanks that made it dangerous for European ships to dock. Far from being a simple natural obstacle, the bar appears to be an element that dictated the organisation of trade in the Gulf of Guinea. It is based primarily on travel accounts written by Europeans, whether they visited Africa or not, relating to the period under study. To extract the information needed to write this study, we used the classic historian's method of gathering documents and cross-referencing information that has been subjected to internal and external scrutiny. Analysis of these documents revealed that the barrage encountered in the localities of Assinie, Accra and especially Ouidah, where it was most dangerous, made access to ports difficult, forcing ships to anchor offshore, while pirogue operators specialising in crossing the bar provided a link between the ships and the coast, thus reinforcing the role of local actors involved in the organisation of commercial transactions. This study also highlights that the Gulf of Guinea bar was not only a natural constraint, but also a determining factor in the structuring of slave trade routes, the hierarchy of ports and the organisation of African maritime labour.



