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« Les déterminants sociopolitiques de la résilience scolaire des élèves issus des zones de conflits : une approche qualitative au camp des réfugiés de Minawao » « The sociopolitical determinants of school resilience among students from conflict zones: A qualitative approach at the Minawao refugee camp »


Liman Oumaté

Abstract

Cette étude qualitative exploratoire examine les déterminants sociopolitiques de la résilience scolaire chez les élèves âgés de 12 à 17 ans issus de zones de conflit, avec un focus sur le camp de réfugiés de Minawao au Cameroun, impacté par les violences de Boko Haram. Les conflits armés ont généré des déplacements massifs (plus de 60 000 réfugiés nigérians dans l’Extrême-Nord), perturbant les trajectoires éducatives par des traumatismes cumulés, des interruptions scolaires prolongées (>1 an pour 70% des élèves) et une précarité humanitaire exacerbée. Alors que la littérature dominante privilégie les approches individuelles, centrées sur des facteurs psychologiques, cette recherche critique cette focalisation en interrogeant les mécanismes sociopolitiques négligés (politiques d’accueil des réfugiés, interventions humanitaires (gouvernementales et ONG) et dynamiques communautaires) qui modulent la capacité des élèves à maintenir performances académiques et engagement éducatif malgré les adversités. Adoptant un paradigme interprétatif, la méthodologie repose sur 45 entretiens semidirectifs, 6 groupes focaux et des observations non participantes (octobre-décembre 2025), auprès d’élèves, enseignants (n=15), parents (n=12) et acteurs communautaires (n=8), analysés via une approche thématique inductive avec NVivo 14 (accord inter-codeurs >85%, triangulation selon Denzin & Lincoln, 2018). Trois thèmes principaux émergent : (1) les politiques institutionnelles de protection éducative (écoles protégées), perçues comme ancrages sécuritaires par 80% des enseignants, restaurant routine et espoir ; (2) les réseaux communautaires de solidarité (tutorat informel, soutien matériel), augmentant la participation scolaire de 40% ; (3) les inégalités structurelles persistantes, genrées (65% des filles affectées par un manque d’infrastructures sécurisées) et spatiales (disparités rurales). Inscrits dans un cadre écologique dialectique (Bronfenbrenner, 1979), ces déterminants sociopolitiques configurent une résilience systémique et ambivalente, enrichissant les travaux antérieurs (Kouyimoussou, 2022 ; Masten, 2021). Les implications pratiques appellent à des quotas genrés, formations décentralisées et partenariats communautaires-ONG pour une éducation inclusive, bien que la généralisabilité reste limitée par le cadre contextuel ; des études hybrides et longitudinales futures sont préconisées.


This exploratory qualitative study examines the sociopolitical determinants of school resilience among students aged 12 to 17 from conflict zones, focusing on the Minawao refugee camp in Cameroon, impacted by Boko Haram violence. Armed conflicts have triggered massive displacements (over 60,000 Nigerian refugees in the Far North), disrupting educational trajectories through cumulative traumas, prolonged school interruptions (>1 year for 70% of students), and exacerbated humanitarian precarity. While dominant literature favors individual-centered approaches rooted in psychological factors, this research critiques this focus by investigating overlooked sociopolitical mechanisms (refugee reception policies, humanitarian interventions (governmental and NGO-led), and community dynamics) that shape students' capacity to sustain academic performance and educational engagement amid adversity. Adopting an interpretative paradigm, the methodology involves 45 semi-structured interviews, 6 focus groups, and non-participant observations (October–December 2025) with students, teachers (n=15), parents (n=12), and community actors (n=8), analyzed through inductive thematic analysis using NVivo 14 (inter-coder agreement >85%, triangulation per Denzin & Lincoln, 2018). Three main themes emerge: (1) institutional protection policies (protected schools), perceived as secure anchors by 80% of teachers, restoring routine and hope; (2) community solidarity networks (informal tutoring, material support), boosting school participation by 40%; (3) persistent structural inequalities, gendered (65% of girls affected by inadequate secure infrastructure) and spatial (rural disparities). Embedded in a dialectical ecological framework (Bronfenbrenner, 1979), these sociopolitical determinants configure a systemic yet ambivalent resilience, enriching prior scholarship (Kouyimoussou, 2022; Masten, 2021). Practical implications advocate for gender quotas, decentralized teacher training, and community-NGO partnerships to foster inclusive education, though generalizability is contextually limited; future hybrid and longitudinal studies are recommended.


Journal Identifiers


eISSN: 2958-2814