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Effets des pratiques agricoles sur les risques d’érosion hydrique dans la commune de Arbollé, Burkina Faso Effets des pratiques agricoles sur les risques d’érosion hydrique dans la commune de Arbollé, Burkina Faso


Tegwendé Habibou Ouédraogo
Blaise Ouédraogo
Sidiki Guelbeogo
Lucien Ouédraogo

Abstract

Au Burkina Faso, l’érosion hydrique touche l’ensemble du territoire principalement imputable aux pratiques agricoles. Cette étude vise à analyser l’effet des pratiques agricoles sur les risques d’érosion hydrique dans la commune de Arbollé au Burkina Faso. Une approche systémique a été adoptée en combinant des simulations du modèle RUSLE et des enquêtes de terrain auprès des producteurs. Deux scénarios ont été élaborés : le scénario 1, excluant les pratiques agricoles en 1990 et 2020, et le scénario 2, intégrant ces pratiques en 2020. Les résultats des enquêtes ont révélé une adoption significative des techniques de conservation des eaux et des sols, traduisant une adaptation des producteurs face à la dégradation des terres. Les simulations ont permis d’identifier trois classes de dégradation. Dans le scénario 1, la classe moyennement dégradée est passée de 70,27% en 1990 à 47,83% en 2020, au profit des zones fortement dégradées. En revanche, dans le scénario 2, cette classe a dominé largement avec 99,79% de la superficie en 2020, traduisant l’efficacité des pratiques agricoles. L’évaluation combinée des facteurs du modèle RUSLE a mis en évidence trois classes de risque d’érosion. La classe de faible érosion qui a demeuré dominante, couvrait environ 99% du territoire, avec des pertes en sol estimées entre 0 et 17 706 t/an. Toutefois, l’intégration des pratiques agricoles a entraîné une réduction notable des superficies exposées aux classes d’érosion moyenne et forte. Ces résultats ont permis de révéler que, bien que les facteurs biophysiques ont une influence sur le processus érosif, les pratiques agricoles constituaient des leviers essentiels pour atténuer les effets du ruissellement, limiter les pertes en sol et assurer
une gestion durable des terres dans la commune d’Arbollé.


 


English title: Effects of farming practices on the risk of water erosion in the municipality of Arbollé, Burkina Faso


In Burkina Faso, water erosion affects the entire territory and is largely attributable to agricultural practices. This study seeks to analyze the impact of agricultural practices on the risks of water erosion in the municipality of Arbollé, Burkina Faso. A systemic approach was adopted by combining RUSLE model simulations with field surveys conducted among farmers. Two scenarios were developed: scenario 1, which excluded agricultural practices in 1990 and 2020, and scenario 2, which incorporated these practices in 2020. Survey results revealed a significant adoption of soil and water conservation techniques, reflecting farmers’ adaptation to land degradation. The simulations identified three classes of land degradation. Under scenario 1, the moderately degraded class decreased from 70.27% in 1990 to 47.83% in 2020, to the benefit of highly degraded areas. In contrast, under scenario 2, this class largely dominated, covering 99.79% of the area in 2020, highlighting the effectiveness of agricultural practices. The combined evaluation of RUSLE factors revealed three erosion risk classes. The low erosion class remained dominant, covering about 99% of the territory, with estimated soil losses ranging from 0 to 17,706 t/year. However, the integration of agricultural practices led to a significant reduction in areas exposed to moderate and high erosion risks. These results indicate that although biophysical factors influence erosion processes, agricultural practices constitute key levers for mitigating runoff effects, reducing soil loss, and ensuring sustainable land management in the commune of Arbollé.


 


Journal Identifiers


eISSN: 1997-342X
print ISSN: 1991-8631