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Un autre regard sur la responsabilité pénale des personnes morales en droit ohada


D Kounde

Abstract

La plupart des auteurs s’accordent à reconnaître l’irresponsabilité de la personne morale en droit OHADA. Or, cette irresponsabilité est discutable. D’une part, l’héritage historique issu des débats sur le principe de la responsabilité pénale des personnes morales ne permet pas de croire à une telle irresponsabilité. D’autre part, le silence du traité OHADA sur la question peut être compris comme la liberté accordée aux Etats membres d’user pleinement de leur souveraineté s’agissant du principe de la responsabilité pénale des personnes morales ; ceci étant corroboré par un arrêt de la CJCE rendu dans une situation similaire à celle prévalant dans le cadre de l’OHADA. Dans cette hypothèse, dans les Etats membres comme le Togo et le Burkina Faso qui ont généralisé le principe de la responsabilité pénale des êtres moraux, les personnes morales peuvent être aisément poursuivies pour des infractions du droit OHADA ; étant entendu que les infractions qui n’excluent pas les personnes morales comme auteurs sont nombreuses dans les Actes uniformes. Malheureusement, le difficile accès à la jurisprudence dans ces États empêche la vérification en fait de l’hypothèse. Toutefois une position judiciaire neutre c’est-à-dire l’inexistence de poursuites de personnes morales pour des infractions prévues par les Actes uniformes et l’absence de jurisprudence confirmant l’impossibilité de poursuivre les personnes morales, ne saurait être une onction à la thèse de l’irresponsabilité pénale des personnes morales. Elle peut s’interpréter comme une position attentiste face à une doctrine jusque-là peu convaincante.

Mots clés: Responsabilité pénale OHADA, personnes morales, Actes uniformes, Traité, Togo, Burkina Faso

English Title: Another look on the criminal liability of corporates bodies 

English Abstract

Under OHADA Law, most authors agree on the unaccountability of legal persons. Yet, this unaccountability is questionable. On the one hand, the historical legacy from the debates on the principle of the accountability of legal persons does not allow us to believe in that unaccountability. On the other hand, the fact that the OHADA Treaty does not deal with that question can be understood as a granted freedom to the member states to fully use their sovereignty as regards the criminal accountability of legal persons; this is confirmed by a CJCE judgement issued in a similar situation as that prevailing within the OHADA framework. Under these circumstances, in member states, such as Togo or Burkina Faso that apply the principle of criminal accountability of legal persons, legal persons can easily be subject to legal action for infringements of OHADA Law ; on the understanding that infringements that do not exclude legal persons as criminals are numerous in the uniform Acts of OHADA. Unfortunately, the fact that accessing jurisprudence in those states is very difficult makes the hypothesis impossible to verify. Nevertheless, a neutral judicial position - i.e. the non-existence of legal action towards legal persons for infringements under uniform Acts of the OHADA and the absence of jurisprudence confirming the impossibility to sue legal persons - cannot act as an unction to the thesis of legal unaccountability of legal persons. It can be interpreted as a wait-and-see attitude towards a doctrine that has not been convincing enough until today.

Keywords: Criminal liability, corporates bodies, Uniform Acts, Treaty, Togo, Burkina Faso


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eISSN: 2413-354X
print ISSN: 1727-8651