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Migration and transformation of the individual in Helon Habila’s Travellers
Abstract
This work examines the trajectories of some key characters, whose migrant status exposes them to precarity across the narrative of Helon Habila’s Travellers. The narrative reflects several epistemic paradigms related to the prefixal morpheme Trans-; particularly as it relates to transformation in the context of cross-border mobility. Such journeys entail a process of change that might unfold through experiences of rupture or transcendence and transgression. Drawing on this perspective, the article seeks to conceptualize the migrant’s transformation as a form of deconstruction that operates both on the psychological and identity levels. This dynamic involves a sequence of “alteration and reconstruction” or “deformation and reformation,” which reshapes the modes of self-perception and self-representation. The analysis operates within the theoretical framework of transculturality first developed by Fernando Ortiz (1940) and subsequently articulated by Jean Lamore (1992). It conceptualizes the mutual shaping of human groups through their intercultural contacts and interactions. Thus, this article investigates how migration, in Habila’s novel, generates transcultural spaces that drive diverse forms of identity transformation.
Ce travail examine les trajectoires de personnages majeurs exposés à la précarité due à leur statut de migrants dans Travellers de Helon Habila. Le récit se fait l’écho d’un ensemble de paradigmes épistémiques convoqués par le morphème préfixal trans-, révélant les multiples métamorphoses qui accompagnent la mobilité transfrontalière. Franchir une frontière, dans l’univers du roman, c’est entrer dans un territoire d’incertitude où la rupture, la transcendance ou la transgression deviennent les matériaux d’une transformation intérieure. Dans cette perspective, l’article appréhende la mutation du sujet migrant comme un processus de déconstruction qui affecte aussi bien la psyché que les formes de l’identité. Cette dynamique, faite de « déformation et de reformation », d’« altération et de renaissance », remodèle les façons dont l’individu se perçoit et s’offre au regard d’autrui. L’analyse s’inscrit dans le cadre théorique de la transculturalité, tel que formulé par Fernando Ortiz (1940) puis approfondi par Jean Lamore (1992), qui conçoit les groupes humains comme des entités façonnées réciproquement par le jeu continu des contacts et des échanges interculturels. C’est ainsi que le roman de Habila donne à voir des espaces transculturels mouvants, matrices de recompositions identitaires, où au-delà de la traversées géographique, la migration apparaît surtout comme un passage initiatique capable de reconfigurer l’être.



