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Traditional chieftaincy put to the test by decentralization: The political arena of the commune of Tiéfora in Burkina Faso La chefferie traditionnelle à l’épreuve de la décentralisation : l’arène politique de la commune de Tiéfora au Burkina Faso
Abstract
The Since the 1990s, decentralization in sub-Saharan Africa has been promoted as the hegemonic paradigm for development. This reform has generated a new political figure, the local elected official, who is forced to contend with pre-existing authorities such as traditional chieftaincies. This research analyzes the nature of the socio-political interactions between the municipality and the traditional chieftaincy in the commune of Tiéfora, Burkina Faso. Based on a qualitative methodology combining in-depth documentary research and 23 semi-structured interviews conducted with several categories of stakeholders, the study highlights three major dynamics. First, despite its invisibility within the normative framework of decentralization, the traditional chieftaincy exercises de facto governance. It mobilizes crucial symbolic capital in the areas of community mobilization, conflict resolution, and social mediation. Second, a pragmatic institutional pluralism is at work: the municipality uses customary legitimacy as a means of social anchoring to compensate for the lack of proximity of the formal, legal administration. Finally, this collaboration is hampered by areas of friction, particularly in the land arena. The clash between the eminent domain rights claimed by traditional chiefs and the land management powers legally transferred to local authorities reveals the limitations of this hybrid system. This research demonstrates that decentralization in Tiéfora is not a matter of replacing one order with another, but rather a constant “patchwork” of heterogeneous sources of legitimacy. This research was limited to a single municipality and the analysis of the discourse of the interviewees. To overcome these limitations, it would be relevant to broaden the geographical area and diversify the methodological tools.
Depuis les années 1990, la décentralisation en Afrique subsaharienne est promue comme le paradigme hégémonique du développement. Cette réforme a généré une nouvelle figure politique, l’élu local, contraint de composer avec des autorités préexistantes telles que la chefferie traditionnelle. Cette recherche analyse la nature des interactions sociopolitiques entre la municipalité et la chefferie traditionnelle dans la commune de Tiéfora au Burkina Faso. S’appuyant sur une méthodologie qualitative articulant recherche documentaire approfondie et 23 entretiens semi-directifs menés auprès de plusieurs catégories d’acteurs, l’étude met en exergue trois dynamiques majeures. Premièrement, malgré son invisibilisation dans le cadre normatif de la décentralisation, la chefferie traditionnelle exerce une gouvernance de fait. Elle mobilise un capital symbolique crucial dans les registres de la mobilisation communautaire, de la régulation des conflits et de la médiation sociale. Deuxièmement, il s’opère un pluralisme institutionnel pragmatique : la municipalité utilise la légitimité coutumière comme un vecteur d’ancrage social pour pallier le déficit de proximité de l’administration légale-rationnelle. Enfin, cette collaboration est grevée par des zones de friction, particulièrement dans l’arène foncière. Le télescopage entre le droit de propriété éminent revendiqué par les chefs traditionnels et les compétences domaniales légalement transférées aux collectivités territoriales révèle les limites de cette hybridité. Cette recherche démontre que la décentralisation à Tiéfora ne relève pas d’une substitution d’un ordre par un autre, mais d’un « bricolage » permanent entre des sources de légitimité hétérogènes. Cette recherche s’est limitée à une seule commune et à l’analyse des discours des acteurs interrogés. Pour pallier ces limites, il serait pertinent d’élargir la zone géographique et de diversifier les outils méthodologiques.



